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CSDDD vs CSRD : comprendre les différences, les recoupements et ce que les entreprises doivent faire

L'Union européenne s'est positionnée à l'avant-garde de la réglementation en matière de durabilité des entreprises, et deux directives constituent désormais le pilier de cette ambition : la Corporate Sustainability Reporting Directive CSRD) et la Corporate Sustainability Due Diligence Directive (CSDDD). Toutes deux sont des piliers essentiels du Pacte vert pour l'Europe et du paquet « Fit for 55 », poussant l'UE…

L'Union européenne s'est positionnée à l'avant-garde de la réglementation en matière de durabilité des entreprises, et deux directives constituent désormais le pilier de cette ambition : la Corporate Sustainability Reporting Directive CSRD) et la Corporate Sustainability Due Diligence Directive (CSDDD). Toutes deux sont des piliers essentiels du Pacte vert pour l'Europe et du paquet « Fit for 55 », qui visent à mener l'UE vers la neutralité climatique d'ici 2050.

Précisons d'emblée que la directive CSRD est entrée en vigueur en janvier 2023, les obligations de reporting s'appliquant à partir de l'exercice 2024 pour la première vague d'entreprises. La directive CSDDD (parfois appelée CS3D) a été officiellement adoptée en 2024, son application progressive devant débuter entre 2027 et 2029. Si ces deux directives traitent de la durabilité des entreprises, elles poursuivent des objectifs fondamentalement différents.

Voici une distinction simple : la CSRD porte sur ce que les entreprises doivent déclarer concernant leurs performances en matière de développement durable, tandis que la CSDDD porte sur ce que les entreprises doivent faire pour identifier, prévenir et atténuer les impacts négatifs sur les droits de l'homme et l'environnement tout au long de leurs chaînes de valeur. Cet article s'adresse aux entreprises de l'UE et hors UE opérant dans l'Union européenne qui ont besoin de comprendre les différences concrètes entre ces deux cadres. À la fin, vous aurez une vision claire du champ d'application, des délais, des obligations et des étapes nécessaires pour vous préparer à la mise en conformité avec ces deux directives.

Comparaison rapide : principales différences entre le CSDDD et le CSRD

Avant d'entrer dans les détails, voici un bref aperçu comparatif entre la CSRD et la CSDDD :

CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) :

  • Une directive imposant l'intégration d'un rapport sur le développement durable dans le rapport de gestion
  • utilise les normes européennes de reporting en matière de développement durable (ESRS) comme cadre de reporting
  • S'applique à partir de l'exercice 2024 pour la première vague de grandes entreprises
  • Couvre environ 50 000 entreprises, notamment des entreprises de l'UE, des PME cotées en bourse et certaines entreprises hors UE
  • Priorités : transparence, communication d'informations et mise à disposition data sur le développement durable data des parties prenantes

CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) :

  • Une directive sur la diligence raisonnable imposant aux entreprises d'identifier, de prévenir et d'atténuer les impacts négatifs sur les droits de l'homme et l'environnement
  • Couvre la « chaîne d'activités », y compris les activités propres, les filiales et les partenaires commerciaux
  • Mise en œuvre progressive à partir du 26 juillet 2028 pour les plus grandes entreprises
  • Couvre directement environ 5 500 à 6 000 très grandes entreprises, tant au sein de l'UE qu'en dehors
  • Thèmes prioritaires : processus en cours, governance, mécanismes de recours et comportement responsable

Relation clé :

  • CSRD = transparence et publication d'informations en matière de développement durable
  • CSDDD = diligence raisonnable axée sur l'action et gestion des risques
  • Ces deux éléments sont complémentaires : les mesures prises dans le cadre de la CSDDD et les processus de diligence raisonnable alimenteront directement les informations publiées au titre de la CSRD, créant ainsi un système intégré où vos actions déterminent le contenu de vos rapports

Corporate Sustainability Reporting Directive CSRD en détail : Corporate Sustainability Reporting Directive

La directive CSRD (directive (UE) 2022/2464) a été adoptée en décembre 2022 et est entrée en vigueur en janvier 2023, remplaçant ainsi l'ancienne directive sur le reporting extra-financier (NFRD). Elle marque un tournant décisif dans la manière dont les entreprises de l'Union européenne doivent aborder le reporting en matière de développement durable.

Objectif de la CSRD

La directive fixe plusieurs objectifs clés :

  • Renforcer la transparence, la comparabilité et la fiabilité des informations relatives au développement durable dans l'ensemble de l'Union européenne
  • Fournir aux investisseurs, aux prêteurs et aux autres parties prenantes data ESG utiles à la prise de décision
  • Soutenir le Pacte vert pour l'Europe et l'objectif de neutralité climatique de l'UE à l'horizon 2050
  • Lutter contre le greenwashing en exigeant des informations vérifiées et normalisées
  • Favoriser les flux de capitaux vers une économie durable

Concepts clés de la CSRD

Double matérialité : il s'agit du concept fondamental de la CSRD. Les entreprises doivent évaluer à la fois :

  • Importance financière : comment les enjeux liés au développement durable génèrent des risques et des opportunités qui influent sur la situation financière de l'entreprise
  • Importance des impacts : comment les activités de l'entreprise affectent les personnes et l'environnement

Normes européennes de reporting en matière de développement durable (ESRS) : La première série d'ESRS a été adoptée en juillet 2023. Ces normes précisent exactement les informations que les entreprises doivent divulguer sur governance environnementales, sociales et governance .

Intégration et balisage numérique : les déclarations de durabilité doivent être intégrées au rapport de gestion et balisées numériquement conformément au format électronique unique européen (ESEF). À partir de 2027, Data transmises au point d'accès unique européen, offrant ainsi aux parties prenantes un accès centralisé aux data relatives à la durabilité.

Portée et calendrier de mise en œuvre progressive

La directive CSRD s'applique par étapes, en fonction de la taille de l'entreprise et de son statut de cotation :

  • Exercice 2024 (rapports en 2025) : grandes entités d'intérêt public déjà soumises à la directive sur le reporting non financier — environ 11 000 entreprises
  • Exercice 2025 (rapports en 2026) : autres grandes entreprises de l'UE répondant à deux des trois critères suivants : plus de 250 salariés, un chiffre d'affaires de 40 millions d'euros ou un total du bilan de 20 millions d'euros
  • Exercice 2026 (rapports en 2027) : PME cotées sur les marchés réglementés de l'UE (avec possibilité de dérogation jusqu'à l'exercice 2028)
  • Exercice 2028 (déclarations en 2029) : certaines entreprises non européennes dont le chiffre d'affaires net dans l'UE dépasse 150 millions d'euros et qui possèdent une succursale ou une filiale importante dans l'UE

Principales obligations en matière de déclaration

La CSRD impose la publication d'informations exhaustives sur les questions environnementales et sociales :

  • Informations narratives et quantitatives portant sur l'atténuation du changement climatique, la biodiversité, la pollution, l'utilisation des ressources, les conditions de travail du personnel, les travailleurs de la chaîne d'approvisionnement, les communautés concernées et la conduite des affaires
  • Indiquer si l'entreprise dispose d'un plan de transition climatique conforme à l'Accord de Paris et à l'objectif de neutralité carbone, et, le cas échéant, préciser le contenu de ce plan
  • Informations sur les risques et les opportunités liés au développement durable, ainsi que sur leur lien avec le modèle économique et la stratégie
  • Une assurance limitée est requise dans un premier temps, avec une évolution possible vers une assurance raisonnable dans les années à venir

Conséquences pour les PME

Même les PME qui ne relèvent pas directement du champ d'application de la CSRD en ressentiront les effets :

  • Les grandes entreprises soumises à la CSRD demanderont data leurs fournisseurs PME de leur fournir data relatives au développement durable afin de compléter leurs déclarations concernant la chaîne de valeur
  • L'UE a élaboré des normes proportionnées (LSME et VSME) afin d'aider les PME à répondre à ces demandes sans leur imposer une charge excessive
  • Les partenaires commerciaux des PME devraient se préparer à une augmentation data et envisager d'adopter volontairement des cadres de déclaration simplifiés

La CSDDD en détail : Corporate Sustainability Due Diligence Directive CS3D)

La directive CSDDD, souvent appelée CS3D, a été adoptée au niveau de l'Union européenne en 2024. Suite à sa publication au Journal officiel, les États membres sont tenus de la transposer dans leur législation nationale avant le 26 juillet 2027. Cette directive marque un tournant majeur, passant d'une responsabilité volontaire des entreprises à des obligations de diligence raisonnable contraignantes.

Objectif principal

La directive sur la diligence raisonnable instaure une obligation de diligence raisonnable pour les entreprises, conforme aux principes suivants :

  • Les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme
  • Les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales

L'objectif principal est de veiller à ce que les entreprises identifient, préviennent, atténuent et mettent fin aux impacts négatifs réels sur les droits de l'homme et l'environnement au sein de leurs propres activités, de leurs filiales et de leurs chaînes de valeur. Cela va au-delà de la simple publication de rapports et exige des mesures concrètes.

Champ d'application et seuils

La CSDDD impose aux entreprises qui atteignent certains seuils de se conformer à ses dispositions :

Entreprises de l'UE :

  • Plus de 1 000 employés ET
  • Un chiffre d'affaires net mondial de plus de 450 millions d'euros

Entreprises non européennes :

  • Un chiffre d'affaires net de plus de 450 millions d'euros réalisé dans l'UE (même en l'absence de filiale ou de succursale dans l'UE)

Environ 5 500 à 6 000 entreprises relèvent directement du champ d'application. Toutefois, l'impact indirect est bien plus large : les partenaires commerciaux tout au long de la chaîne d'approvisionnement devront se conformer aux obligations de diligence raisonnable imposées par les entreprises concernées.

Dates des phases de candidature

Le CSDDD s'applique par étapes :

  • 26 juillet 2027 : les États membres doivent transposer la directive dans leur législation nationale
  • 26 juillet 2028 : les règles s'appliquent désormais aux très grandes entreprises (celles comptant plus de 5 000 salariés et réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros)
  • 26 juillet 2029 : l'application est étendue aux entreprises restantes relevant du champ d'application et dépassant les seuils de 1 000 salariés et de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires

Principales obligations prévues par la CSDDD

La directive CSDDD définit des exigences exhaustives en matière de diligence raisonnable :

Intégration des politiques :

  • Intégrer la diligence raisonnable dans les politiques d'entreprise et les systèmes de gestion des risques
  • Adopter et mettre à jour régulièrement une politique spécifique en matière de diligence raisonnable

Identification et évaluation des impacts :

  • Identifier et évaluer les impacts négatifs potentiels sur les droits de l'homme et l'environnement
  • Lutter contre les atteintes aux droits de l'homme dans le cadre de ses propres activités, de celles de ses filiales et de la « chaîne d'activités » (fournisseurs en amont et certaines activités en aval)
  • Recenser les risques liés aux activités concernées et les classer par ordre de priorité en fonction de leur gravité et de leur probabilité

Mesures préventives et correctives :

  • Prendre les mesures appropriées pour prévenir, atténuer ou mettre fin aux effets négatifs
  • Parmi les options possibles, on peut citer les clauses contractuelles, le renforcement des capacités des fournisseurs, la collaboration avec des partenaires commerciaux ou la suspension temporaire des relations
  • Prendre des mesures correctives là où un préjudice a été causé

Mécanismes de recours :

  • Mettre en place et maintenir des mécanismes de traitement des réclamations à l'intention des parties prenantes et des lanceurs d'alerte
  • Garantir des canaux de plainte sécurisés pour les travailleurs, les communautés et les personnes indirectement concernées

Suivi et rapports :

  • Évaluer l'efficacité des mesures de diligence raisonnable
  • Actualiser régulièrement les mesures en fonction des conclusions
  • Publier une déclaration annuelle de diligence raisonnable

Exigences relatives au plan de transition climatique

Les entreprises concernées doivent :

  • Adopter et mettre à jour chaque année un plan de transition climatique conforme à l'Accord de Paris et à la loi européenne sur le climat
  • Fixer des objectifs assortis de délais pour 2030, puis tous les cinq ans jusqu'en 2050
  • Quantifier les leviers de décarbonisation, les investissements et les financements
  • Rendre compte chaque année des progrès réalisés
  • Dans certains États membres, la rémunération variable des dirigeants peut être liée à des objectifs climatiques

Application et responsabilité

La CSDDD prévoit des sanctions sévères en cas de non-respect :

  • Les États membres doivent désigner des autorités de contrôle dotées de pouvoirs d'enquête et de sanction
  • Les sanctions administratives et les amendes doivent être « efficaces, proportionnées et dissuasives » — pouvant atteindre jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires net mondial
  • Un régime de responsabilité civile permet aux victimes de demander réparation si des entreprises manquent à leurs obligations de diligence et qu'un préjudice en résulte
  • Les administrateurs se voient confier des responsabilités accrues en matière de supervision et de mise en œuvre des mesures de diligence raisonnable

Points communs entre le CSRD et le CSDDD

Bien qu'elles aient des orientations différentes, la CSRD et la CSDDD s'appuient sur les mêmes normes internationales et partagent des objectifs stratégiques communs.

Conformité avec les cadres internationaux :

  • Ces deux directives sont conformes aux Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme
  • Les deux intègrent les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales dans le droit de l'Union européenne
  • Les deux encouragent un comportement responsable conforme aux normes internationales

Objectifs politiques communs :

  • Au cœur du Pacte vert pour l'Europe et du programme de transition juste
  • Soutenir les objectifs de neutralité climatique à l'horizon 2050
  • Tenir compte à la fois des impacts environnementaux et des questions relatives aux droits de l'homme

Chevauchements de contenu :

  • Ces deux domaines traitent de questions environnementales, notamment le climat, la biodiversité, la pollution et l'utilisation des ressources
  • Ces deux initiatives traitent des répercussions sur les droits humains des travailleurs, des communautés et des personnes concernées tout au long des chaînes de valeur
  • Ces deux approches nécessitent impact assessment structurés impact assessment des risques et impact assessment
  • Les deux mettent l'accent sur l'implication des parties prenantes et l'amélioration continue

Synergies opérationnelles :

  • Data analyses requises dans le cadre de la CSDDD (cartographie des risques, impact assessments, mesures correctives) viennent directement étayer les informations à fournir au titre de la CSRD
  • Un système rigoureux de diligence raisonnable dans le cadre de la CSDDD réduit le risque de greenwashing, car les déclarations au titre de la CSRD s'appuient sur des processus concrets
  • Les plans de transition climatique requis au titre de la directive CSDDD alimentent les informations climatiques prévues par la directive CSRD

Governance :

  • Ces deux cadres prévoient que les conseils d'administration et les dirigeants supervisent la stratégie de développement durable
  • Les deux mettent l'accent sur l'intégration des critères de durabilité dans le processus décisionnel des entreprises
  • Ces deux éléments garantissent la responsabilité au plus haut niveau de l'organisation

Principales différences : CSRD et CSDDD

Il est essentiel de bien comprendre les différences entre ces cadres pour planifier leur mise en œuvre.

Objet de chaque directive

La différence fondamentale réside dans ce qu'exige chacune de ces directives :

  • CSRD = cadre de publication : définit quelles informations relatives au développement durable doivent être communiquées, comment et où
  • CSDDD = cadre de conduite : définit la manière de mener les vérifications préalables, de gérer les impacts négatifs et de mettre en œuvre des mesures correctives

En résumé : la CSRD vous invite à faire preuve de transparence quant à vos impacts ; la CSDDD vous invite à prendre des mesures concrètes pour y remédier.

Portée et chiffres

La composition des entreprises concernées varie considérablement :

  • La directive CSRD s'applique à environ 50 000 entreprises, qu'elles soient ou non situées dans l'UE, y compris les PME cotées en bourse
  • Le CSDDD concerne directement environ 5 500 à 6 000 très grandes entreprises
  • Cependant, les obligations en matière de CSDDD se répercutent tout au long des chaînes d'approvisionnement, touchant indirectement un nombre bien plus important d'entreprises
  • Le champ d'application de la CSRD est plus large, mais les obligations qu'elle impose sont moins contraignantes que les exigences strictes en matière de diligence raisonnable prévues par la CSDDD

Couverture de la chaîne de valeur

Les directives définissent leur champ d'application différemment :

  • La CSRD s'appuie sur une conception large de la « chaîne de valeur » qui englobe les activités en amont et en aval, y compris l'utilisation des produits et leur fin de vie, lorsque les matériaux
  • Le CSDDD utilise la notion de « chaîne d'activités », généralement plus restreinte et axée sur ses propres opérations, ses fournisseurs en amont et certaines relations clés en aval (distribution, transport, stockage)
  • Le CSDDD exclut généralement l'élimination des produits et certaines activités des utilisateurs finaux

Approche fondée sur l'importance relative

Le traitement de la matérialité varie considérablement :

  • En vertu de la CSRD, les entreprises peuvent omettre les thèmes jugés non significatifs à l'issue d'une évaluation rigoureuse de la double matérialité, à condition de documenter ce processus
  • Dans le cadre du CSDDD, il n'existe pas de « critère de matérialité » formel : les entreprises doivent faire preuve de diligence raisonnable pour toutes les activités pertinentes entrant dans le champ d'application
  • Le CSDDD permet de donner la priorité aux risques les plus graves, mais n'autorise pas l'exclusion totale des questions moins importantes
  • Il est nécessaire d'identifier les impacts les plus graves, mais il est impératif de les traiter tous de manière proportionnée

Obligations de déclaration et déclaration de diligence raisonnable

Les exigences en matière de résultats varient :

  • La directive CSRD impose la publication d'informations détaillées et normalisées dans le rapport de gestion, accompagnées de balises numériques et soumises à une vérification externe
  • La CSRD impose des obligations de publication conformes aux ESRS, qui doivent être présentées dans un format structuré
  • Le CSDDD exige la publication d'une déclaration annuelle de diligence raisonnable (généralement sur le site web de l'entreprise)
  • Le CSDDD n'introduit pas de système de rapports structurés de type ESRS, mais exige l'intégration des informations issues de la diligence raisonnable dans d'autres rapports

Différences dans la chronologie

Les dates de candidature ne coïncident pas :

  • La CSRD s'applique aux entreprises soumises à la NFRD à compter de l'exercice 2024 ; la plupart des grandes entreprises suivront lors des exercices 2025 et 2026
  • Les entreprises non européennes qui atteignent les seuils fixés par la CSRD devront établir des rapports à partir de l'exercice 2028
  • Les obligations liées au CSDDD entreront en vigueur plus tard, par étapes, entre le 26 juillet 2028 et le 26 juillet 2029
  • Les entreprises pourraient devoir se conformer aux obligations de la CSRD avant même que celles de la CSDDD n'entrent en vigueur

Conséquences pour les équipes internes

Ce sont différentes fonctions qui en assument la charge principale :

Conséquences de la CSRD :

  • Équipes chargées des finances, du reporting et du contrôle de gestion : data , contrôles, coordination de l'assurance
  • Équipes chargées du développement durable et des critères ESG : responsabilité du contenu, interprétation des normes ESG, évaluation de la matérialité
  • data informatiques et data : développement de systèmes, data , balisage numérique

Impact du CSDDD :

  • Approvisionnement : sélection des fournisseurs, contrats, suivi des partenaires commerciaux
  • Aspects juridiques et conformité : politiques, codes de conduite, mécanismes de traitement des griefs, gestion de la responsabilité
  • Opérations et chaîne d'approvisionnement : mesures pratiques de diligence raisonnable, audits, mesures correctives

Calendrier : quand s'appliquent la CSRD et la CSDDD

Les entreprises ont souvent du mal à savoir quand chaque directive entre en vigueur. Voici un aperçu chronologique.

Calendrier de la CSRD

  • 2023 : entrée en vigueur de la directive CSRD ; adoption par la Commission européenne de la première série de normes ESRS
  • Exercice 2024 (rapports à remettre en 2025) : la CSRD s'applique aux grandes entités d'intérêt public déjà soumises à la NFRD (environ 11 000 entreprises)
  • Exercice 2025 (rapports à remettre en 2026) : autres grandes entreprises de l'UE répondant aux critères de taille
  • Exercice 2026 (rapports à remettre en 2027) : PME cotées sur les marchés réglementés de l'UE (avec possibilité de reporter la remise des rapports à l'exercice 2028)
  • Exercice 2028 (rapports à remettre en 2029) : certains grands groupes non européens dont le chiffre d'affaires dans l'UE dépasse 150 millions d'euros et qui possèdent une succursale ou une filiale dans l'UE

Chronologie du CSDDD

  • 2024 : accord politique conclu et directive officiellement adoptée ; publication au Journal officiel
  • 26 juillet 2027 : date limite pour la transposition de la directive CSDDD dans le droit national par les États membres
  • 26 juillet 2028 : les règles s'appliquent aux plus grandes entreprises concernées (plus de 5 000 salariés et un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros)
  • 26 juillet 2029 : l'application est étendue aux entreprises restantes concernées (seuil de 1 000 salariés / 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net)

Interaction avec d'autres initiatives de l'UE

Les propositions « Omnibus » de 2025 (COM(2025)80 et COM(2025)81) visent à coordonner et à rationaliser les délais et les obligations de déclaration prévues par la directive CSRD et la directive CSDDD. Si les objectifs politiques fondamentaux restent inchangés, les entreprises doivent suivre de près les évolutions susceptibles d’influencer les calendriers de mise en œuvre ou de réduire les chevauchements entre les exigences.

Quelles sont les entreprises concernées par la CSRD par rapport à la CSDDD ?

Ces deux directives s'appliquent aux entreprises de l'UE et hors UE, mais avec des seuils et une logique différents.

Champ d'application de la CSRD

Entreprises de l'UE :

  • Toutes les grandes entreprises de l'UE qui remplissent deux des trois critères suivants :
    • Plus de 250 employés
    • 40 millions d'euros de chiffre d'affaires net
    • Total du bilan : 20 millions d'euros
  • Toutes les sociétés de l'Union européenne dont les valeurs mobilières sont cotées sur un marché réglementé de l'Union européenne
  • PME cotées en bourse (à l'exception des micro-entreprises)

Entreprises non européennes :

  • Sociétés mères dont le chiffre d'affaires net dans l'UE dépasse 150 millions d'euros ET
  • Au moins une filiale importante ou cotée en bourse dans l'UE OU une succursale importante dans l'UE

Champ d'application du CSDDD

Entreprises de l'UE :

  • Plus de 1 000 employés ET
  • Plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net à l'échelle mondiale

Entreprises non européennes :

  • Plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net générés dans l'UE
  • Il n'est pas nécessaire d'avoir une filiale dans l'UE : la responsabilité en matière de surveillance incombe à l'État membre où est réalisé la majeure partie du chiffre d'affaires au sein de l'UE
  • Oblige les entreprises à se conformer à la réglementation même si elles n'ont pas de présence physique dans l'UE, dès lors que le seuil de chiffre d'affaires est atteint

PME :

  • Explicitement exclus du champ d'application direct de la CSDDD
  • seront indirectement concernés en tant que fournisseurs, franchisés ou titulaires de licence des entreprises concernées

Nuances propres à chaque groupe et secteur

Il est essentiel de comprendre comment les seuils s'appliquent au niveau du groupe :

  • Les calculs au niveau du groupe (chiffre d'affaires consolidé et effectifs) déterminent le périmètre
  • Les accords de franchise et de licence peuvent faire entrer des entités dans le champ d'application de facto

Exemple 1 : société mère américaine réalisant un chiffre d'affaires dans l'UE Une entreprise dont le siège social est situé aux États-Unis, qui ne possède pas de filiale dans l'UE mais réalise un chiffre d'affaires annuel de 500 millions d'euros auprès de clients de l'UE, relève directement du champ d'application de la directive CSDDD. L'entreprise doit se conformer aux obligations de diligence raisonnable, la responsabilité de la surveillance incombant à l'État membre de l'UE dans lequel elle réalise le plus gros chiffre d'affaires.

Exemple 2 : groupe européen comptant plusieurs filiales Une société mère européenne employant 800 personnes à son siège social, mais 1 500 personnes au total dans l'ensemble de ses filiales consolidées, et réalisant un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros, relève du champ d'application de la CSDDD sur la base des chiffres consolidés. Elle satisfait également aux seuils fixés par la CSRD et devra donc publier des rapports à compter de l'exercice 2025.

Comparaison des obligations : reporting (CSRD) vs diligence raisonnable (CSDDD)

De nombreuses entreprises relèveront du champ d'application de ces deux référentiels et devront donc mettre en place une approche intégrée. En permettant aux parties prenantes de voir clairement ce que vous faites et ce que vous communiquez, vous renforcez la responsabilité et la confiance.

Les obligations liées à la CSRD dans la pratique

  • Réaliser une double évaluation de la matérialité et consigner le processus ainsi que les conclusions
  • Collecter data ESG détaillées data la chaîne de valeur (y compris les fournisseurs, les impacts sur les ressources humaines et les effets en aval), conformément aux ESRS
  • Rédiger des déclarations relatives au développement durable dans le cadre du rapport de gestion
  • Enregistrer numériquement data relatives au développement durable data les transmettre aux registres nationaux des entreprises
  • Data au point d'accès unique européen à partir de 2027
  • Obtenir une assurance limitée auprès de commissaires aux comptes ou de prestataires d'assurance indépendants

Les exigences du CSDDD dans la pratique

  • Assurer une diligence raisonnable continue au sein de ses propres activités, de ses filiales et de l'ensemble de sa chaîne d'activités
  • Accorder une attention particulière aux secteurs à haut risque (textile, agriculture, industries extractives) et aux zones géographiques
  • Mettre en place des clauses contractuelles, des codes de conduite pour les fournisseurs, des formations et des mesures de renforcement des capacités pour les partenaires commerciaux
  • Mettre en place des mécanismes de traitement des plaintes (numéros d'urgence, formulaires en ligne, canaux dédiés) à l'intention des travailleurs, des communautés et des autres parties prenantes
  • Prendre des mesures correctives en cas d'impacts graves
  • Suspension ou résiliation éventuelle des relations avec les partenaires qui ne respectent pas les règles
  • Aborder systématiquement les impacts sur les personnes et l'environnement (leur impact sur l'environnement)

Comment les obligations interagissent

Ces deux cadres se renforcent mutuellement :

  • Les processus de diligence raisonnable prévus par la directive CSDDD fournissent des éléments de preuve et data les rapports au titre de la directive CSRD
  • Les informations recueillies lors de la diligence raisonnable servent de base à votre évaluation de la matérialité
  • Les exigences de transparence de la CSRD génèrent une pression externe et établissent des critères de référence en matière de performance en matière de diligence raisonnable
  • Les auditeurs et les parties prenantes peuvent recouper les questions de développement durable communiquées avec les processus de diligence raisonnable effectivement mis en œuvre

Conséquences pour les équipes internes : qui doit intervenir ?

Ces deux directives nécessitent une collaboration interfonctionnelle. Aucune d'entre elles ne peut être gérée uniquement par les équipes chargées du développement durable.

Impact interne de la CSRD

Finance et contrôle de gestion :

  • Intégration avec le calendrier de reporting financier
  • Contrôles internes relatifs aux data en matière de développement durable
  • Coordination des audits et préparation des rapports d'assurance

Équipes chargées du développement durable et des critères ESG :

  • Propriété du contenu des informations publiées dans le cadre de l'ESRS
  • Interprétation des normes et des lignes directrices
  • Leadership en matière d'évaluation de l'importance relative
  • Définition des indicateurs clés de performance (KPI) et fixation d'objectifs

data informatiques et chargées data :

  • Mettre en place des systèmes permettant de collecter, de stocker et de valider data relatives au développement durable
  • Fonctionnalités de marquage numérique
  • Gestion Data tout au long de la chaîne de valeur

Impact interne du CSDDD

Achats :

  • Critères de sélection des fournisseurs intégrant une procédure de diligence raisonnable
  • Procédures d'intégration et clauses contractuelles
  • Suivi continu et collaboration avec les partenaires commerciaux

Aspects juridiques et conformité :

  • Élaboration de politiques et de codes de conduite
  • Rédaction de contrats relatifs aux obligations de la chaîne d'approvisionnement
  • Conception et gestion des mécanismes de traitement des griefs
  • Évaluation et atténuation des risques en matière de responsabilité civile

Opérations et chaîne d'approvisionnement :

  • Mise en œuvre de mesures pratiques de diligence raisonnable
  • Audits des fournisseurs et visites sur site
  • Planification et mise en œuvre des mesures d'assainissement
  • Collaboration avec les fournisseurs en vue d'une amélioration

Responsabilités du conseil d'administration et de la direction

La responsabilité des dirigeants est intégrée dans les deux cadres :

  • Les conseils d'administration doivent superviser les plans de transition, la tolérance au risque et l'alignement stratégique
  • Responsabilité de la direction générale en matière de supervision de la diligence raisonnable en matière de développement durable
  • Dans certaines juridictions, la rémunération des dirigeants pourrait être liée à des objectifs climatiques et de développement durable à la suite de la transposition de la législation nationale
  • En vertu de la loi CSDDD, les administrateurs s'exposent à une responsabilité personnelle en cas de manquement à leur devoir de surveillance

Comment se préparer : feuille de route intégrée pour la mise en conformité avec la CSRD et la CSDDD

En s'y prenant tôt et en intégrant les deux directives dans une seule feuille de route, on réduit les coûts, la complexité et le risque de duplication des efforts.

Approche étape par étape

Étape 1 : Déterminer le champ d'application et les délais

  • Déterminez quelles entités juridiques de votre groupe atteignent les seuils fixés par la CSRD et la CSDDD
  • Déterminez quelle vague d'application s'applique à chaque entité
  • Recenser les expositions hors UE et déterminer si le chiffre d'affaires ou les effectifs au niveau du groupe entraînent des obligations

Étape 2 : Réaliser une analyse des écarts

  • Évaluer la situation actuelle au regard des exigences de publication de l'ESRS dans le cadre de la CSRD
  • Évaluer les pratiques actuelles en matière de diligence raisonnable à la lumière des attentes de l'OCDE concernant la CSDDD
  • Identifier governance data , de processus et governance

Étape 3 : Mettre en place ou renforcer governance

  • Définir clairement les rôles et les responsabilités en matière de reporting sur le développement durable et de diligence raisonnable
  • Mettre en place un comité de pilotage interfonctionnel regroupant les services financiers, juridiques, des achats et du développement durable
  • Mettre à jour les politiques d'entreprise, les codes de conduite et les exigences imposées aux fournisseurs

Étape 4 : Concevoir data ESG

  • Garantir data traçables et prêts pour les audits
  • Connecter les systèmes pour collecter data relatives aux fournisseurs et à la chaîne de valeur
  • Répondre à la fois aux exigences en matière de reporting (CSRD) et de suivi de la diligence raisonnable (CSDDD)

Étape 5 : Impliquer les fournisseurs et les partenaires dès le début

  • Communiquer clairement ses attentes aux partenaires commerciaux
  • Introduire progressivement les exigences afin de permettre une adaptation
  • Apporter un soutien et renforcer les capacités des PME de votre chaîne d'approvisionnement

Étape 6 : Mise en place d'un projet pilote et perfectionnement

  • Processus de production de rapports de test pour un périmètre restreint ou une unité opérationnelle
  • Mener des évaluations pilotes de diligence raisonnable dans les zones à haut risque
  • Affiner les processus en tenant compte des enseignements tirés avant le déploiement complet

Similitudes et différences dans la préparation

Activités de préparation similaires :

  • Comprendre votre chaîne de valeur de bout en bout
  • Cartographie et mobilisation des parties prenantes
  • impact assessments des risques et impact assessments
  • Gestion de la documentation et des preuves

Différentes orientations dans la préparation :

  • La préparation à la CSRD met davantage l'accent sur data , les contrôles, l'élaboration du rapport et la préparation à l'audit
  • La préparation au CSDDD met davantage l'accent sur les procédures, les contrats, la planification des mesures correctives et l'engagement continu des fournisseurs

Tirer parti des structures existantes

Les entreprises qui se sont déjà alignées sur des référentiels reconnus ont une longueur d'avance :

  • Les signataires du Pacte mondial des Nations unies peuvent mettre en correspondance les principes avec les obligations découlant de la CSDDD
  • Les pays qui ont adopté les lignes directrices de l'OCDE ont déjà mis en place une grande partie du cadre de diligence raisonnable
  • Les responsables de l'établissement des rapports GRI peuvent établir un tableau de correspondance entre les informations fournies et les exigences de l'ESRS
  • Les utilisateurs du TCFD disposent désormais d'une base pour la publication d'informations climatiques dans le cadre de la CSRD
  • Les entreprises disposant déjà de codes fournisseurs peuvent les adapter pour se conformer aux exigences du CSDDD

Conclusion : Associer le CSDDD et le CSRD pour bâtir des entreprises résilientes et responsables

La CSRD et la CSDDD ne sont pas des réglementations concurrentes, mais les deux faces d'une même médaille. La CSRD garantit la transparence grâce à une normalisation des rapports sur le développement durable, tandis que la CSDDD exige des mesures concrètes par le biais d'une obligation de diligence raisonnable. Ensemble, elles constituent un cadre complet dans lequel les actions des entreprises sont rendues visibles à travers leurs rapports.

Les entreprises concernées par ces deux directives devraient résister à la tentation de mettre en place deux processus de mise en conformité distincts. Au contraire, l'élaboration d'une stratégie de développement durable intégrée — dans laquelle les conclusions de la diligence raisonnable éclairent les obligations d'information et où les exigences en matière de reporting favorisent l'amélioration des processus — est gage d'efficacité et de crédibilité. Le Parlement européen et la Commission européenne ont conçu ces cadres pour qu'ils fonctionnent de concert, et les entreprises qui les considèrent comme interdépendants trouveront la mise en conformité plus facile à gérer.

Les entreprises qui prendront les devants transformeront la conformité en avantage concurrentiel. Une gestion des risques plus rigoureuse réduit l'exposition aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement et aux sanctions réglementaires. data plus fiables en matière de développement durable data l'accès au capital, les investisseurs allouant de plus en plus leurs fonds en fonction des performances ESG. Des engagements transparents et concrets en matière de développement durable renforcent la confiance des clients, des employés et des communautés.

À l'avenir, l'harmonisation réglementaire mondiale s'accélère. L'« effet Bruxelles » est déjà perceptible, alors que d'autres juridictions — de la Californie à l'Allemagne en passant par la France — adoptent des exigences similaires en matière de diligence raisonnable et de reporting. Les normes de l'ISSB convergent avec celles de l'ESRS dans de nombreux domaines, et la Commission européenne continue d'affiner ses orientations de mise en œuvre. Les entreprises qui mettent en place dès aujourd’hui des systèmes de développement durable flexibles et évolutifs seront bien placées pour s’adapter à mesure que la CSRD, la CSDDD et les règles européennes connexes évolueront. C’est maintenant qu’il faut se lancer.